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Une facture impayée sur trois le reste parce que personne n'a relancé. Pas parce que le client refuse de payer, pas parce qu'il conteste : parce que la relance n'a jamais été envoyée, ou qu'elle est partie une fois, mollement, trois semaines après la date d'échéance. Dans une agence, cette relance tombe entre deux chaises : le commercial ne veut pas abîmer la relation, le dirigeant a autre chose à faire, et personne ne tient le compte.
Voici trois modèles de lettre de relance, du rappel courtois à la mise en demeure, avec ce qu'il faut écrire dedans et surtout quand les envoyer. Le reste de cet article explique la mécanique : ce qui rend une relance efficace, à quel moment elle bascule dans le juridique, et comment tenir tout cela sans y passer ses vendredis. Si le sujet vous intéresse plus largement, notre page sur la facturation en agence de communication couvre les acomptes et les échéanciers.
Le calendrier compte plus que le texte. Une relance envoyée le lendemain de la date d'échéance obtient un règlement dans les jours qui suivent ; la même lettre envoyée six semaines plus tard obtient une négociation.
Le rythme qui fonctionne tient en quatre temps :
Au-delà de J+45 sans réponse, la question n'est plus la relance mais la procédure de recouvrement. Nous y venons.
Court, factuel, sans reproche. Le client a probablement oublié, ou la facture est bloquée dans un circuit de validation dont il ignore lui-même le détail.
Objet : Facture n° 2026-0142 — échéance du 15 septembre
Bonjour [Prénom],
Sauf erreur de notre part, la facture n° 2026-0142 d'un montant de 2 880 € TTC, échue le 15 septembre, ne nous est pas encore parvenue.
Vous la trouverez en pièce jointe. Si le règlement est déjà parti, merci de ne pas tenir compte de ce message.
Bien à vous,
La formule sauf erreur de notre part n'est pas une politesse creuse : elle offre une porte de sortie honorable, et c'est souvent ce qui déclenche la réponse. Joindre à nouveau la facture supprime le dernier prétexte possible.
Quinze jours plus tard, le ton se ferme d'un cran. On rappelle le cadre légal sans encore le brandir.
Objet : Facture n° 2026-0142 — deuxième relance
Bonjour [Prénom],
Notre facture n° 2026-0142, d'un montant de 2 880 € TTC, était payable au 15 septembre. Elle demeure impayée à ce jour, malgré notre message du 16 septembre.
Nous vous rappelons que, conformément à nos conditions générales et à l'article L.441-10 du code de commerce, tout retard de paiement entraîne l'application de pénalités de retard ainsi qu'une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €.
Nous vous remercions de procéder au règlement sous huit jours, ou de nous indiquer la date à laquelle il interviendra.
Elles sont dues de plein droit, sans qu'un rappel soit nécessaire, dès le lendemain de la date d'échéance. Leur taux figure obligatoirement sur la facture ; à défaut de mention, c'est le taux directeur de la Banque centrale européenne majoré de dix points qui s'applique. L'indemnité forfaitaire de 40 € s'y ajoute, par facture, et non par relance.
Beaucoup d'agences ne les réclament jamais, par crainte de froisser. C'est un choix qui se défend commercialement. Mais les mentionner dans la deuxième relance change la conversation : le client comprend que le retard a un coût, même si vous renoncez ensuite à le facturer.
La mise en demeure n'est pas une relance plus sévère : c'est un acte juridique. Elle fait courir les intérêts moratoires et conditionne la suite de la procédure de recouvrement. Elle s'envoie par lettre recommandée avec accusé de réception, et elle doit porter la mention explicite.
Objet : Mise en demeure de payer — facture n° 2026-0142
Madame, Monsieur,
Malgré nos relances des 16 et 30 septembre, notre facture n° 2026-0142, d'un montant de 2 880 € TTC arrivée à échéance le 15 septembre, demeure impayée.
Par la présente, nous vous mettons en demeure de procéder à son règlement intégral dans un délai de huit jours à compter de la réception de ce courrier.
À défaut, nous nous réservons le droit d'engager une procédure de recouvrement judiciaire, notamment par voie d'injonction de payer, sans nouvel avertissement.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.
Une relance rappelle. Une mise en demeure somme. Concrètement, trois choses les séparent :
C'est cette date qui ouvre la porte à l'injonction de payer, procédure rapide et peu coûteuse devant le tribunal de commerce, qui ne demande ni avocat ni audience quand la créance n'est pas contestée.
Trois voies, par ordre de coût croissant.
L'appel téléphonique. Sous-estimé, et pourtant le plus efficace des trois. Un courriel s'ignore ; un appel oblige à formuler une raison. Neuf fois sur dix, cette raison est administrative — une facture perdue dans un circuit de validation, un bon de commande manquant, un changement d'interlocuteur à la comptabilité — et se règle en dix minutes.
La société de recouvrement. Elle prend entre 10 et 20 % de la somme recouvrée. Le calcul est simple : au-delà de trois mois de retard, 80 % d'une créance valent mieux que 100 % d'une créance qu'on ne verra jamais.
L'injonction de payer. Environ 35 € de frais de greffe pour une créance commerciale. La requête se dépose en ligne, et l'ordonnance rendue a force exécutoire. C'est la voie la moins chère quand la créance est certaine et non contestée.
Une agence qui suit dix clients émet une trentaine de factures par trimestre. Savoir laquelle est échue, depuis combien de jours, et si elle a déjà été relancée, ne tient pas dans une tête. Ni dans un tableur qu'on ouvre le vendredi quand on y pense.
Ce qui fonctionne tient en trois habitudes :
C'est exactement ce que Klevor tient à votre place : chaque facture porte son échéance, l'écran de facturation range les créances par âge, et les relances laissent leur trace dans le dossier du client. Vous voyez d'un coup d'œil qui doit quoi, et depuis combien de temps.
Relancer au bout de trois jours n'a jamais fâché personne. Relancer au bout de deux mois, en revanche, oblige à mettre les formes, et transforme un rappel en négociation. La courtoisie précoce coûte moins que la fermeté tardive.
Les pénalités de retard et l'indemnité de 40 € ne se réclament solidement que si les conditions générales de vente les prévoient et si elles ont été acceptées. C'est le devis signé qui les emporte : sans lui, la mise en demeure repose sur le seul code de commerce, et le rapport de force change.
Un acompte de 30 % à la commande n'empêche pas l'impayé, mais il en divise le montant, et il filtre les clients qui n'avaient pas de budget. Les agences qui souffrent le moins des retards sont celles qui encaissent avant de produire.
Vos factures échues vous coûtent plus que le temps que vous mettez à les relancer. Klevor range vos créances par âge, garde la trace de chaque relance et vous dit chaque matin qui doit quoi. Essayer Klevor quatorze jours, sans engagement, et voyez en une semaine combien de retards tenaient simplement à un oubli.