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Une agence française qui facture une société belge, un client suisse ou un particulier allemand n'applique pas la même règle dans les trois cas. La distinction ne tient pas au pays mais à deux questions : le client est-il assujetti, et où est-il établi.
Voici les trois situations, les mentions exactes à porter sur la facture, et les déclarations qui suivent. Notre page sur la facturation en agence de communication traite du cas français, qui reste le plus courant.
Pour une prestation de service rendue à un assujetti, la TVA est due au lieu d'établissement du preneur, c'est-à-dire du client. Pour une prestation rendue à un non-assujetti, elle est due au lieu d'établissement du prestataire, donc en France.
Tout le reste découle de ces deux lignes. La question à poser avant d'établir la facture n'est donc pas « où est mon client », mais « mon client est-il un professionnel identifié à la TVA ».
Le cas le plus fréquent. Vous facturez une société belge, espagnole ou allemande disposant d'un numéro de TVA intracommunautaire valide.
La mention à faire figurer : « Autoliquidation. TVA due par le preneur, article 196 de la directive 2006/112/CE. »
Vérifiez le numéro du client avant d'émettre. La base VIES de la Commission européenne le fait en ligne, gratuitement, et elle délivre une preuve de consultation. Un numéro invalide vous rend redevable de la TVA française sur l'opération : c'est la mésaventure classique, et elle se découvre au contrôle, trois ans après.
Un consommateur allemand ou italien n'a pas de numéro de TVA. La règle générale s'applique : la TVA française est due, au taux français, exactement comme pour un client de Bordeaux.
Deux familles de prestations échappent à cette règle et suivent le lieu de consommation, avec un guichet unique pour les déclarer : les services fournis par voie électronique, et quelques prestations rattachées à un lieu, comme l'hébergement ou les manifestations. Pour une agence qui vend du conseil, de la création ou de la production, le cas reste rare.
Un client suisse, britannique, canadien ou marocain.
La mention à porter : « TVA non applicable, prestation située hors de France, article 259-1 du code général des impôts. »
Ici, la preuve de la qualité du client compte davantage qu'un numéro : gardez un extrait de registre, un document commercial ou une attestation. Il n'existe pas d'équivalent du VIES hors de l'Union.
Toute prestation facturée à un assujetti d'un autre État membre doit être déclarée. Cette déclaration se transmet chaque mois, avant le dixième jour ouvré du mois suivant, et elle reprend le numéro de TVA du client et le montant hors taxes.
Elle n'est pas facultative et son oubli est sanctionné, y compris quand la facture elle-même est parfaitement régulière. C'est la partie de la procédure que les petites structures découvrent le plus tard.
Une facture hors taxes se justifie, et la justification se demande longtemps après. Constituez pour chaque client étranger un dossier minimal, une fois pour toutes.
Ce dossier se constitue en dix minutes à l'ouverture du client, et il se reconstitue très mal trois ans plus tard, quand l'interlocuteur a changé et que la société a déménagé.
C'est l'erreur numéro un. Sans numéro valide, le client est traité comme un particulier, la TVA française est due, et c'est vous qui la devez, sur un montant que vous n'avez jamais encaissé.
Un client dont le siège est à Genève mais dont l'établissement stable qui commande se trouve à Lyon est un client français. C'est l'établissement preneur qui compte.
Une facture régulière et une déclaration manquante suffisent à déclencher une régularisation. La déclaration se fait en quelques minutes ; l'oublier douze fois coûte davantage.
Klevor garde le régime de TVA propre à chaque client, porte la bonne mention sur chaque facture et sort le récapitulatif des prestations intracommunautaires du mois. Essayer Klevor quatorze jours et facturez à l'étranger sans relire la doctrine à chaque fois.