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Production et process 4 min de lecture

Tableau de bord de projet : un exemple qui tient sur un écran

La plupart des tableaux de bord de projet finissent en cimetière. On les construit un lundi de janvier, on les remplit trois semaines, puis plus personne ne les ouvre. Pas parce que l'idée est mauvaise, mais parce qu'on y a mis vingt indicateurs alors qu'on en regarde trois. Un tableau de bord utile répond à une seule question : est-ce qu'on va livrer à temps, et à quel prix ?

Voici un exemple concret, calibré pour une agence de trois à trente personnes, avec ce qu'il faut y mettre et surtout ce qu'il faut en retirer. Il complète notre page sur la gestion de projet en agence, qui traite du process en amont.

Les six indicateurs qui servent vraiment

Un chef de projet en agence n'a pas besoin d'un cockpit d'avion. Il a besoin de six chiffres, lisibles en dix secondes, et à jour.

  • Avancement réel, en pourcentage de tâches livrées. Pas en pourcentage de temps écoulé : ce sont deux choses différentes, et confondre les deux est l'erreur la plus fréquente du suivi de projet.
  • Jours consommés contre jours vendus. Le seul indicateur qui dit si le dossier gagne ou perd de l'argent.
  • Tâches en retard, en nombre, pas en liste. La liste, on l'ouvre quand le nombre bouge.
  • Ce qui attend le client. Sur un projet d'agence, un tiers des retards vient de là, et ce n'est jamais dans les tableaux de bord.
  • Prochaine échéance ferme, avec sa date. Une seule, la plus proche.
  • Charge de travail de l'équipe sur les deux semaines qui viennent.

Six lignes. Si vous en ajoutez une septième, retirez-en une.

Un exemple de tableau de bord projet

Voici à quoi ressemble le suivi d'un dossier de refonte de site, à mi-parcours.

Dossier : Maison Verrier, refonte du site — semaine 6 sur 12

  • Avancement : 41 % des tâches livrées
  • Budget : 14 jours consommés sur 22 vendus, soit 64 %
  • Tâches en retard : 2
  • En attente du client : 1 (les photos d'atelier, depuis 9 jours)
  • Prochaine échéance : mise en ligne de la maquette, le 12 septembre
  • Charge équipe : 3,5 jours planifiés sur les 2 semaines à venir

Ce tableau dit quelque chose immédiatement : le projet consomme plus vite qu'il n'avance. 64 % du budget pour 41 % du travail, à mi-parcours, annonce un dépassement d'environ six jours si rien ne change. Et la cause probable est en ligne quatre : neuf jours d'attente sur les photos ont décalé toute la chaîne.

Aucun indicateur supplémentaire n'aurait dit cela plus vite.

Quand et comment créer un tableau de bord projet

Au lancement, pas en cours de route. Un tableau de bord monté au milieu d'un projet qui dérape sert à documenter le dérapage, pas à l'éviter.

Trois règles de construction :

Une seule source de vérité

Si les jours consommés viennent d'un tableur, l'avancement d'un outil de tâches et les échéances d'un agenda, le tableau de bord sera faux le troisième jour. Non par négligence : parce que trois sources demandent trois mises à jour, et que personne ne les fait toutes les trois.

C'est la raison pour laquelle un tableau de bord de projet devrait se lire là où le travail se fait, et se remplir tout seul. Une tâche déplacée met à jour l'avancement ; un temps saisi met à jour le budget ; une échéance modifiée met à jour la date. C'est ce que fait un logiciel de gestion pour agence, et c'est la seule manière connue de tenir un tableau de bord au-delà du premier mois.

Un rythme, pas du temps réel

Le temps réel est une promesse de vendeur. Sur un projet d'agence, rien ne change entre neuf heures et onze heures. Une mise à jour quotidienne suffit, et une lecture hebdomadaire avec l'équipe vaut mieux qu'un écran que personne ne regarde.

Deux lectures différentes

Le chef de projet regarde l'avancement et les tâches en retard. Le dirigeant regarde les jours consommés et la charge d'équipe. Ce ne sont pas les mêmes chiffres, et vouloir les mettre dans le même écran produit un écran que ni l'un ni l'autre ne lit.

Ce qu'on met dedans, et ce qu'on jette

La tentation est d'ajouter. Voici ce qui n'a jamais servi sur un projet d'agence :

  • Le pourcentage de temps écoulé. Il descend tout seul, il ne dit rien sur le travail.
  • Le nombre total de tâches. Cinquante tâches ne veulent rien dire si on ne sait pas lesquelles bloquent.
  • La satisfaction client notée sur dix. Elle se demande en fin de projet, pas dans un tableau de bord hebdomadaire.
  • Les graphiques en camembert. Un pourcentage se lit mieux écrit qu'en part de tarte.

Les limites d'un tableau de bord

Il montre ce qui se compte. Un client qui commence à répondre plus lentement, une équipe qui se démotive, une commande dont le périmètre glisse de semaine en semaine : rien de tout cela n'apparaît en chiffres avant qu'il soit tard.

Le tableau de bord ne remplace donc pas le point hebdomadaire avec l'équipe. Il le prépare : quinze minutes de lecture évitent une heure de tour de table où chacun raconte où il en est.

Ce qu'il faut retenir

  • Six indicateurs, pas vingt. L'avancement réel et les jours consommés d'abord.
  • Comparez toujours l'avancement au budget consommé : c'est l'écart qui parle, pas les valeurs.
  • Mesurez ce qui attend le client : c'est un tiers des retards, et c'est invisible partout ailleurs.
  • Une seule source de données, sinon le tableau sera faux en trois jours.
  • Une mise à jour par jour suffit. Le temps réel est un argument de vente.

Un tableau de bord qui se remplit à la main meurt au bout d'un mois. Klevor tient le vôtre à partir du travail réel : les tâches, les temps saisis et les échéances alimentent l'écran sans que personne recopie rien. Essayer Klevor quatorze jours et voyez, dès le premier dossier, l'écart entre ce que vous avez vendu et ce que vous consommez.